Le montage

Ici je travaille sur les armoiries de la Famille Grimaldi, que la Principauté de Monaco a autorisé à reproduire en pièce unique.
Dans la main gauche, je tiens un marteau à plaquer. Cet outil à pane plane, d’une largeur d’environ 8 centimètres sert à coller les placages, à la colle d’os, et à l’aide d’un fer bien chaud. Remarquez sur l’œuvre en cours, un fer ancien, le fer de nos grands-mères.
Terme généralement employé : collage au marteau. L’on va retrouver principalement cet outil, dans la restauration du mobilier (meubles, boîtes…) contenant du placage.
Dans la main droite, je tiens un ciseau à bois. Cet outil permet de positionner précisément, chaque pièce découpée, et de la décoller au besoin.
Cette opération porte le nom de « montage sur cale tendue ». La marqueterie est montée à l’envers sur un papier kraft. Ici, pour ce travail particulier, j’utilise le dessin de marqueterie photocopié à l’envers. Je peux ainsi travailler très précisément.
Près de la fenêtre, on aperçoit de moitié, le dessin adapté à la marqueterie, des armoiries de la Famille Grimaldi. Sur la droite, deux scies à pédales à mouvement semi-circulaires, témoignent de ce métier difficile, et… physique. Là, il s’agit de pédaler, comme sur les machines à coudre de nos grands-mères, afin de scier le placage.
Les armoiries des Grimaldi m’ont demandé plus de 450 heures de réalisation. Quelques 1641 pièces ont été nécessaires à son élaboration. Vernis brillant, pour la finition.
Et pour constituer le tout :
- 20 sortes de placage dont : palissandre de Rio, bois de rose, sycomore, buis moyen, buis clair, merisier, citronnier, poirier teint en noir, padouk clair, padouk moyen, filet d’ébène noir (entourage du blason), tilleul, teck (robe des moines), ronce de thuya (barbe des moines),vengé, et des bois teints (orange, vert, gris et bleu)
- de la nacre blanche d’Australie, 62 pastilles de 9 mm de diamètre et
- de 6/10e de mm d’épaisseur.
Remarquez sur l’œuvre, à gauche de la couronne, un coquillage de nacre blanche d’Australie.